1913. John Baleycorn est devenu un classique par la vigueur du témoignage et par le courage de son auteur. Rien n'obligeait J. London à ruiner son image de marque auprès d'un lectorat admiratif. Rien ne l'obligeait à révéler une si grande déchéance ou à dépeindre le rôle social joué par l'alcool et son temple (First and last chance saloon).
J. London affirme dans ce livre que toute ivrognerie est d'origine sociale et qu'elle est accompagnée d'implications et de conséquences sociales. "Jamais plus je n'invoquerai la raison pure ; j'ai d'ailleurs appris à ne plus l'invoquer". Paru trois ans avant sa mort ce livre semble avoir des couleurs de testament...
"L'ivrogne ordinaire roule facilement dans le ruisseau. Mais quelle terrible épreuve pour l'autre, de se tenir droit, bien assuré sur ses deux jambes et de conclure que, dans l'univers tout entier, il n'existe pour lui qu'une seule liberté : celle de devancer le jour de sa mort".