Lorsque l’imaginaire de J. London vagabonde dans les siècles futurs, il n’aperçoit que du sang et des ruines. L’auteur ne semble pas partager la foi des hommes dans le bonheur par le progrès. Pour lui la croissance ne conduit inéluctablement qu’à un accroissement des inégalités. Il néglige les merveilles de la science au profit de la dégradation des rapports sociaux. Ce qui, avec le recul, ressemble fort à une vision prophétique de la société de consommation.
Dans l’effet multiplicateur du progrès il voit surtout un renforcement de la puissance des classes privilégiées et de leur égoïsme qui entraîne, à plus ou moins forte intensité, l’esclavagisme des classes laborieuses et des déshérités. Tout comme Marx, il ne voit en la superstructure (de l’état) qu’un simple produit de la superstructure et l’affrontement des classes sociales.
Eclairé par Marx, Darwin ou encore Spencer, J. London a dépassé leurs réformismes romantiques. Il lui semble temps de bâtir une nouvelle organisation sociale. Apparaît même alors en filigrane la théorie d’Hegel qui croyait en la lutte des classes éternelle. Du « Talon de fer » J. London aboutit à « La peste écarlate » ; s’il espère encore la victoire du socialisme après des siècles d’oppression, il croit fermement que seule l’action des masses ne suffira pas et il compte sur l’aide (providentielle ?) d’une catastrophe naturelle. Il semblait plutôt pessimiste à cette époque de création et analysait les choses et les faits à la lumière de l’histoire et des lois de la nature (et de l’évolution naturelle).
Dans une des nouvelles, il invente l’énergie nucléaire et évoque (invente ?) la guerre bactériologique pour lutter contre le péril jaune… HG. Wells et J. London parviennent aux mêmes conclusions dans certains domaines, notamment à propos du gouvernement fédéral.
Enfin, il reprend un de ses thèmes de prédilection en affirmant que la révolution prolétaire ne peut passer que par l’apprentissage et la connaissance pour les travailleurs et que le maintien de l’oligarchie n’est rendue possible que par la différence fondamentale de culture et d’éducation.